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Infos Mode

Chanel: une mode moderne pour top models


Traduit par

Marguerite Capelle

Publié le



5 oct. 2021

On se serait crus revenus au bon vieux temps au défilé Chanel, avec des dizaines de photographes massés autour du podium pour hurler à chaque passage des mannequins. Fort heureusement, les vêtements eux-mêmes étaient plein de fraîcheur et d’entrain, et très actuels.

Chanel – Printemps-été 2022 – Prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

 
Comme au siècle dernier, les mannequins défilaient sur des podiums surélevés, et virevoltaient devant les photographes qui immortalisaient chacun de leurs gestes. Quelques-unes assénaient des claques sur les fesses de leurs collègues, d’autres tiraient la langue. Le casting était moderne et pluriethnique, mais toutes avaient cette arrogance glaciale de l’âge d’or des années 1980, qui virent l’émergence des top modèles.

Mais contrairement à cette époque, des foules énormes viennent désormais se presser à l’extérieur de chaque défilé. Pour Chanel, plus de 2.000 fans ont bravé des seaux d’eau pour ne pas manquer l’arrivée des invités privilégiés et de leurs limousines devant le Grand Palais éphémère, une vaste structure temporaire installée le temps de la rénovation du véritable Grand Palais. Son principal sponsor? Chanel, bien sûr.

La maison avait déjà envoyé aux rédacteurs de mode quelques images en avant-première, filmées par Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin. Elles mettaient en scène la top suisse Vivienne Rohner, saisie au réflex mono-objectif et en omettant soigneusement le nom de la marque.  Cette même image formait le décor de fond de ce défilé boîte noire, dans l’auditorium. Vivienne Rohner est même venue saluer pour le final.

Chanel – Printemps-été 2022 – Prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

« Pourquoi filmer avec un appareil ? Parce que dans la mode, les photographes sont presque aussi importants que les robes ! Même avec une robe pas géniale, on peut faire une photo géniale. Pour moi, la photo, c’est la mode », s’exclamait dans les coulisses bondées la directrice artistique de Chanel, Virginie Viard, après avoir posé avec Jennie de Blackpink, star de la K-pop et ambassadrice de la marque, rebaptisée Coco Jenny.

Sur le podium, Virginie Viard surprend immédiatement en ouvrant son défilé avec des maillots de bain: une demi-douzaine de bodys sexy et bikinis – accessoirisés avec des bracelets CC, de multiples rangs de perles, des broches œillets, de grands cabas matelassés, des sacs à main classiques, vus sur pratiquement tous les looks. Des filles parties visiter un pop-up star de bord de mer, plutôt qu’à la plage.

Pas le temps de déjeuner que les mannequins se dirigent déjà toutes vers un bar à cocktail – en tailleur de cuir verni, micro robe trapèze à paillettes, ou robe smoking en laine bouclée anthracite coupée bien haut sur la cuisse.

Les tops tournoyaient, se trémoussaient et roulaient des hanches en posant pour chaque photographe. D’autres toisaient l’assistance d’un regard glacial, avec toute l’arrogance d’une cover girl.

Chanel – Printemps-été 2022 – Prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

Le défilé était certes un peu erratique – avec un quatuor de tailleurs à rayures zigzag façon coupe-vent de bord de mer, qui aurait vraiment dû sauter, avant de trouver brusquement son rythme lors du final: un superbe octuor de tops et robes en mousseline de soie avec un magnifique imprimé papillon biomorphique. Toute la bande posait devant le décor pendant que Virginie Viard saluait. La créatrice, qui a les choses bien en main, semblait bouillonner d’énergie, et surtout soulagée de pouvoir enfin présenter un défilé à Paris, après une demi-douzaine de collections en vidéo ces 18 derniers mois.

Ajoutez à cela la meilleure bande-son de la saison – avec Tirzah featuring Coby Sey et un brillant remix ironique de l’hymne des tops models, Freedom par Christine and the Queens, grâce au maître des platines Michel Gaubert – et voilà un défilé qui fait carton plein.
 
« En juin-juillet, quand nous avons commencé à réfléchir à ce défilé, nous ne savions pas combien de personnes pourraient ou voudraient venir. Le véritable Grand Palais, c’est grandiose, mais puisque nous devions changer de lieu, j’avais cette idée d’un podium d’une autre époque. Et c’est pour ça que j’ai choisi les maillots de bain. J’avais besoin d’une ambiance intime, et ça n’aurait pas fonctionné au Grand Palais », expliquait Virginie Viard.

Elle a aussi été assaillie par une grande partie des mannequins, qui ont clairement adoré porter cette collection, à tel point qu’on avait l’impression que la clientèle que la créatrice avait en tête, c’était elles.

« Pour être honnête, j’adore les mannequins, et je les trouve tellement mignonnes, ces filles. Alors j’avais envie de les rendre heureuses: et c’était le cas ! », concluait-elle.
 
 

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