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La dark Lady de Yohji Yamamoto, la cow-girl urbaine d’Isabel Marant


La femme est sombre chez Yohji Yamamoto, optimiste chez Isabel Marant. Au cinquième jour de la Fashion Week, qui se tient jusqu’au 10 mars en format digital, les deux stylistes habitués des podiums parisiens, ont livré chacun leur vision de l’hiver prochain, interprétant ces temps de pandémie à travers deux garde-robes opposées.

La princesse punk de Yohji Yamamoto – ph Takay

C’est une collection particulièrement sombre, reflet des temps présents, qu’a réalisée Yohji Yamamoto pour l’hiver prochain, piochant tour à tour dans le romantisme du XIXe siècle et une attitude punk très dark. Les 33 looks de la garde-robe se déclinent exclusivement en noir, hormis quelques rares détail, tel ce rouge déteint, qui réhausse deux robes noires dans un large ruban, et éclaire la toile d’une paire de sneakers ou ces fils blancs traçant des lignes abstraites sur les habits.
 
La présentation filmée se déroule dans ce qui pourrait ressembler à la scène d’un vieux théâtre avec tentures drapées en toile de fond, le décor plongé dans l’obscurité dans une atmosphère à l’air raréfié. Le couturier japonais démarre avec une série de longues robes noires, ajustées près du corps, lacées par des lanières de cuir dans le col ou le dos. On retrouve ces mêmes lanières, tombant d’une bretelle, en diagonale le long d’une tunique, en de longues franges.

Ailleurs, se sont des cordons blancs, qui zigzaguent sur les robes, comme de fugaces traits à la craie, bordant les pans de tissu agencés dans de complexes constructions, avant de retomber au sol. Le vêtement prend du volume, entrecoupé, fendu, réassemblé par morceaux d’étoffes, boursoufflé par des fronces.
 
L’élégante rigueur de la silhouette allongée d’antan est maintenue dans toute la collection, renforcée par les maxi capotes aux allures de redingote, parfois déstructurées ou asymétriques, qui descendent jusqu’au pieds. Les habits sont réalisés pour la plupart dans des laines, laines mélangées au nylon ou autres fibres techniques, cotons, lin.

Un modèle signé Yohji Yamamoto pour l’hiver 2021-22 – ph Takay

 
Le cuir est protagoniste dans la deuxième partie de la collection. Il habille les guerrières rebelles du styliste à travers des blousons au cuir vieilli, dans une version de perfecto mini, façon boléro, ou dans une veste à grosses manches froncées et col ceinturé, mais aussi dans d’amples vestes cabans ou manteaux.

Pour parfaire cette allure punk, les mannequins portent des leggings troués et des bottes lacées, tandis qu’une épingle à nourrice géante leur sert à fermer une veste masculine démesurée. Plusieurs rangées de chaînes couleur bronze s’enroulent à la taille ou dévalent en biais sur une robe longue, dégoulinant jusqu’à terre. Tout comme les colliers chaînes autour du cou, ces bijoux font l’objet d’une nouvelle ligne d’accessoires, qui sera bientôt lancée par Yohji Yamamoto.
 
Isabel Marant joue dans un registre totalement opposé avec une collection tout en couleurs, légèreté, vitesse et esprit festif. Elle entraîne ses mannequins dans une course folle sur la bande-son électronique exaltée du DJ italien Gabber Eleganza, mixant esprit folk des Sixties et sous-culture techno des années 1990.

La femme punchy de la styliste – Isabel Marant

Dans ces bottes texanes, en shorts, pantalons blancs ou minirobe à fleurs, avec ses boléros en shearling et ses sacs à franges, elle avale d’un bon pas les kilomètres de passerelles en béton d’un édifice brutaliste abandonné à ciel ouvert dans une friche industrielle.

Un ceinturon western, orné de pierres, marque la taille d’une robe-tricot ivoire en guipure aux épaules ébouriffées de franges. Un gilet brodé ou en cuir se porte sur une blouse à manches bouffantes à motifs floraux, une veste en daim turquoise s’enfile sous une jupe paréo à motif Paisley, une blouse fleurie s’associe à un pantalon en cuir magenta.
 
A la nuit tombante, le parking se transforme en discothèque. Accompagné d’un groupe de copains, la sémillante femme Isabel Marant danse sur les grandes rampes, vêtue d’ensembles en vinyle aux couleurs pétantes -bleu électrique ou rouge feu-, de vestes richement brodées portées sur des jupes ou pantalons en cuir,  ou encore dans des robes en velours noir ou scintillantes bordées d’argent.

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