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La Fashion Week de Milan s’offre un tour du monde créatif


Avec un programme très international mettant en avant de nombreux labels émergents, la Semaine de la mode masculine de Milan, qui se déroule jusqu’à mardi 19 janvier, exclusivement en ligne, a élargi ses horizons offrant une belle visibilité à de nouvelles voix dans le panorama de la mode mondiale. FashionNetwork.com a sélectionné quatre noms à suivre de près: l’indien Dhruv Kapoor, les labels nigérians Bloke et Tokyo James, et la marque sud-coréenne Solid Homme.

L’esthétique indienne revisitée par le styliste – Dhruv Kapoor

 
Dhruv Kapoor, nouveau souffle créatif en Inde

Basé à New Dehli, le designer éponyme y a fondé sa marque en 2013 après un passage à Milan, où il s’est formé à l’Istituto Marangoni et a travaillé pour Etro. D’emblée il s’émancipe du folklore indien pour livrer sa propre vision de la mode, comme dans cette collection street pleine de fraîcheur, dévoilée dimanche, à travers une succession de plans rapprochés, dans une courte vidéo réunissant trois jeunes dans un chalet.

Le vestiaire sportswear coloré s’adresse aussi bien à l’homme qu’à la femme avec des sweaters et maxi tee-shirts, où sont brodés des slogans comme “Futur is Empathy“, des vestes denim tie and dye ou en poils de chèvre retournée, de fins tricots col roulé à micro géométries psychédéliques et des chemises à imprimés floraux.
 
Dhruv Kapoor joue avec les détails en parsemant sa collection d’indicibles références à sa culture, comme les motifs cachemire qui se déforment et explosent dans un pull-over sombre, ces tigres stylisés s’emparant de certains vêtements ou ces marguerites blanches brodées, disséminées sur une chemise noire transparente.

Le tailoring londonien croise l’élégance stylée africaine – Tokyo James

 
Tokyo James, la rencontre entre Afrique et Occident
 
L’Anglo-Nigérian Ineyie Tokyo James a quitté les podiums londoniens pour intégrer le calendrier milanais cette saison. Dans le film illustrant sa nouvelle collection, il donne d’emblée le ton mettant en scène les danses traditionnelles des cérémonies spirituelles du Eyo masquerade festival, en référence à la culture Yoruba, ce peuple d’Afrique de l’ouest dont il est originaire, tandis que ses mannequins jouent les dandies dans leur costume au tayloring british avec un twist africain dans les couleurs et les techniques.
 
Ils sont taillés dans les typiques tissus à micro dessins géométriques, fendus et comme coupés par pans ou décorés de chaînes telles des franges. Le styliste travaille notamment le cuir, qu’il plisse et fronce ou insère dans une chemisette en coton, tandis que pour le soir ses costumes se couvrent de paillettes. Expérimentation et audace caractérisent ses créations.
 
C’est par un chemin inattendu qu’Ineyie Tokyo James est arrivé à la mode, puisqu’il s’est d’abord orienté vers des études de mathématiques, effectuées à l’Université Queen Mary de Londres, pour bifurquer ensuite vers une carrière de stylist de mode travaillant pour diverses publications internationales et quelques marques, dont il a piloté les campagnes numériques (Brioni, Issey Miyake, Puma Black Label). En 2015, il lance la publication mensuelle digitale Rough UK et  se transfère à Lagos, où il fonde sa propre marque de menswear Tokyo James.
 

Plein feu sur les techniques artisanales pour le label nigérian – Bloke

Bloke revisite la maille et l’artisanat africain
 
Autre label nigérian à débuter sur les podiums milanais, celui de l’autodidacte Faith Oluwajimi. Alors qu’il se destinait à l’agriculture, il a été initié au tricot -technique qui l’a tout de suite passionné-, par un proche lui ayant offert une machine à tricoter. Né à Ijebu Ode, il s’est transféré lui aussi à Lagos pour y installer sa marque no gender Bloke, créée en 2013, à travers laquelle il cherche avant tout à exprimer sa vision du monde qui l’entoure.
 
Comme il le rappelle dans une note, en citant  Nina Simone, “le devoir d’un artiste est de refléter son époque”. C’est ainsi “l’ambiance sombre de l’année écoulée”, marquée par la pandémie, qui a inspiré sa nouvelle collection, présentée dans une vidéo dimanche à travers la métaphore d’un enterrement.

Puisant dans une palette sombre (rouge sang, vert foncé, marron, noir et métal), le styliste insuffle néanmoins gaité et énergie dans ses créations. Des tuniques colorées, ainsi que vestes et pantalons, sont décorés de symboles et motifs blancs, rappelant les dessins tribaux africains. Ils sont brodés également en nombre sur les tricots. Le reste du vestiaire se compose de costumes bicolores en cuir ou velours et de maxi manteaux hybrides dans des cuirs aux textures différentes rouge et noir.

 

Le look cool minimaliste du label – Solid Homme

Solid Homme, un minimalisme chic contemporain
 
Solid Homme n’en est certainement pas à ses débuts, puisqu’elle a été la première marque de menswear créée par la styliste sud-coréenne Woo YoungMi en 1988 et a déjà assis une solide réputation dans son marché domestique, où elle est distribuée à travers 30 boutiques ainsi qu’à travers de multiples revendeurs à l’international. Mais c’est la première fois, qu’elle s’affiche sur des podiums européens, contrairement à la ligne Wooyoungmi, lancée par la designer en 2002, qui défile à Paris.
 
La marque, qui n’a pas pu défiler en présentiel comme elle le souhaitait, a dévoilé lundi sa collection pour l’automne/hiver 2021-22 à travers un show filmé dans un grand entrepôt vide en béton. L’occasion de s’offrir une rétrospective de 30 ans à travers ses pièces les plus emblématiques réactualisées. Résultat: une silhouette urbaine à l’élégance épurée, où une grande attention est portée aux détails.
 
Baptisée “New olds”, cette collection, qui fait la part belle à l’outerwear s’attache à réinjecter un twist contemporain à une silhouette classique et à des matières vintage, telle que des vieux tweeds et le velours côtelé. Le costume taillé dans des tissus luxueuse troque sa veste pour une chemise à poches. Le pantalon en laine s’adoucit adoptant une forme lâche, prenant parfois des allures de jogging avec sa fermeture à coulisse. La maille est partout, ultra douillette. De beaux duffle-coat et maxi manteaux ainsi que des blousons en duvet accentuent cette sensation de confort diffus.

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