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La Fashion Week de Milan s’ouvrira avec le collectif Black Lives Matter in Italian Fashion


Cinq stylistes du collectif Black Lives Matter in Italian Fashion ouvriront avec leur collection de l’automne-hiver 2021/22 la Semaine milanaise de la mode féminine, prévue du 23 février au 1er mars, un événement en grande partie virtuel en raison de la pandémie. Le projet a été lancé lors de la dernière Fashion Week milanaise de septembre, où il avait été relégué à la fin de la manifestation. Cette saison, il constitue le premier rendez-vous du programme des défilés, qui débutent le 24 février, se positionnant juste après l’hommage rendu à Beppe Modenese, l’ancien président de la Chambre nationale de la mode italienne (CNMI) décédé en novembre.

Parmi les cinq créateurs sélectionnés, la styliste originaire du Burundi Fabiola Manirakiza – frida-kiza.com

“C’est exceptionnel, c’est un signal très fort de la Chambre de la mode italienne. C’est nous qui allons donner la tendance”, a déclaré jeudi à l’AFP Michelle Ngonmo, cofondatrice du collectif aux côtés des designers Stella Jean et Edward Buchanan.Pourtant, “c’était une dure bataille” avant de pouvoir “surmonter les réticences de la Chambre à nous faciliter l’accès à la Fashion Week. Désormais, la Chambre est prête à nous écouter”, raconte-t-elle.

Cette saison défilent les cinq mêmes créateurs qui avaient présenté leur collection en septembre. A savoir la Camerounaise Joy Ijeoma Meribe avec son label Modaf Designs, le Marocain Karim Daoudi, Claudia Gisèle Ntsama, originaire du Nigéria et sa marque Gisfab, Fabiola Manirakiza du Burundi, fondatrice de la maison Frida-Kiza et le Sénégalais Pape Mocodou Fall, alias Mokodu, le nom qu’il a donné à sa marque. Ils dévoileront leur travail à nouveau à travers une vidéo, intitulée comme la fois précédente “We are made in Italy – The Fab Five Bridges Builders” .

L’Italie compte 450 stylistes noirs qui “se sentaient discriminés pour leur couleur de peau, beaucoup d’entre eux ont émigré à Londres, Paris ou Pékin”, glisse Michelle Ngonmo. En 2015, cette militante née au Cameroun avait fondé l’Afro Fashion Week, organisée une fois par an à Milan. “Pendant cinq ans, on s’est heurté à un mur de silence en frappant à la porte de la Chambre, mais désormais nous en sommes partie intégrante, sans perdre notre identité”, indique-t-elle. “Nous faisons partie du made in Italy, nous produisons en Italie, pas en Afrique”, souligne-t-elle.

La Chambre de la mode italienne (CNMI) aide des designers issus de l’immigration vivant en Italie “à réaliser leurs collections dans un moment difficile”, a fait valoir devant la presse son président, Carlo Capasa. L’organisation finance en partie leurs collections et les met en contact avec des entreprises de textile ou de chaussures qui leur accordent des rabais.

Avec AFP

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