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La Fashion Week virtuelle de Milan célèbre joie et vitalité


La Milano Digital Fashion Week a débuté sur les chapeaux de roues mardi, dominée par la performance vidéo de Prada. “Milan, c’est la mode et la mode c’est Milan”, a lancé le maire, Giuseppe Sala, en inaugurant cette Semaine masculine virtuelle lors d’une visioconférence. “Il serait vain de vouloir tenter de revenir au business habituel. Il faut chercher une nouvelle normalité, une normalité différente”, a-t-il souligné, rappelant la difficile situation économique italienne en cette sortie de confinement.
 

La collection pop imaginée par Jeremy Scott – Moschino

A ses côtés, le président de la Chambre nationale de la mode italienne (CNMI) Carlo Capasa a renchéri :  “C’est un moment très difficile pour l’industrie de la mode. Sur le premier semestre, les ventes de nos entreprises ont chuté de 20 à 30 %”, a-t-il indiqué. Au menu de cette Semaine virtuelle, 41 marques vont présenter leur collection masculine (et féminine aussi pour certaines) pour le printemps-été 2021 jusqu’au vendredi 17 juillet, dont 21 nouveaux noms italiens ou internationaux. Sont présents aussi sur la plateforme de la Camera della Moda 73 showrooms présentant les collections de 457 marques.
 
Et Carlo Capasa de conclure :  “Avec cette Fashion Week digitale, nous voulons envoyer un message de positivité et d’énergie”. Le message a été entendu par les créateurs. A commencer par MSGM, qui a ouvert le bal avec un film en forme d’hymne à la jeunesse et à l’amour sur le thème “Je ne sais où, mais ensemble”. Ce slogan, “Non so dove, ma insieme”, s’inscrit péremptoire sur certains tee-shirts, tel le message clé de cette collection, témoignant de cette forte envie de se retrouver ensemble après le confinement et le désastre de la pandémie du Covid-19.

Après deux collections centrées sur le travail du cinéaste Dario Argento, Massimo Giorgetti renoue avec l’esprit frais, jeune et easy qui caractérise sa marque depuis toujours. Les chemises à manches courtes sont légères et colorées, traversées d’imprimés  “vifs, caléidoscopiques et explosifs”. Les garçons paradent en sweat-shirts vert fluo et bermuda en jean, la chemise au vent, en dribblant sur le terrain avec un ballon de basket. Les filles, qui présentent la collection croisière 2021, endossent de larges robes en coton à volants.
 

Les couleurs vivent dominent aussi la collection de Massimo Giorgetti – MSGM

Francesco, Federico, Naomi, Camilla, Diogo, Matteo, Cai. Mannequins, acteur, étudiante, activiste… Ils ont entre 17 et 24 ans et ont été recrutés via Instagram. Dans le film, ils forment un groupe d’amis croquant la vie à pleines mains, entre longs baisers, virée nocturne dans une fête foraine et baignade à l’aube dans le bassin de l’Idroscalo de Milan.
 
Même déferlante de couleurs dans la pré-collection masculine de Moschino pour le printemps-été 2021, où une suite de looks s’enchaînent sur une musique rythmée de boîte de nuit dans un décor graphique pop. Cet esprit pop aux couleurs vives et aux figures géométriques traverse l’entier dressing composé de tenues sportives et décontractées (sweat-shirts, blousons, tee-shirts, bermudas, survêtements, etc.) complétées par quelques costumes clinquants.
 
Le directeur artistique Jeremy Scott a voulu rendre “un hommage joyeux à ses fans, à son équipe et au monde en utilisant formes géométriques et couleurs ludiques pour évoquer l’optimisme”, explique la griffe dans sa note d’intention. Des étoiles multicolores se posent sur une paire de boots noires. Un cardigan tricolore (jaune-violet-rose) semble coupé dans du tissu éponge. De gros pois noirs s’invitent sur une veste et un bermuda en denim. Le blouson de motard se teinte de rose.

La boîte à musique psychédélique du label italien – Magliano

 
C’est également une vidéo très rythmée celle proposée par Edithmarcel, sous forme de leçon d’aérobic diffusée sur un vieux poste de télévision autour duquel s’agitent les mannequins en tentant de suivre la cadence. Ils endossent des ensembles en coton noir ou blanc rehaussés de dessins un brin surréalistes. On distingue notamment les contours d’un visage stylisé, emblème du label dessiné par Gianluca Ferracin et Andrea Masato.
 
Magliano imagine pour sa part une boîte à musique futuriste, au centre de laquelle se meuvent ses mannequins. En guise de carillon, une musique comme déglinguée et la voix de l’écrivaine Isabella Santacroce lisant l’un de ses textes. La collection de Luca Magliano est centrée sur une allure virile un brin rétro, où ne manquent ni les costumes, ni le tricot “Marcel” ou la cravate. Le tout secoué dans le shaker d’une palette inattendue, où les classiques blancs et noirs côtoient des teintes moutarde, vieux rose, vert sauge.
 
Les pantalons à pinces peuvent ainsi virer au vert ou rose fluo, voire rose bonbon, et se portent avec des mocassins rose dragée. Les larges chemises, comme ce modèle jaune citron décoré de figures mythologiques en bronze, se nouent de manière lâche à la taille. Les vestes XXL sont déstructurées et peuvent se porter à l’envers, laissant voir la doublure en satin blanc. Leur gilet s’endosse en top sur une serviette de bain éponge aux allures de jupe longue.

Philipp Plein a clôturé la journée en se présentant en personne devant la caméra, tantôt sur un vélo, tantôt sur un skate, histoire de bien souligner le côté sport-chic de sa marque. Dans un décor blanc encadré par deux machines robots présentant les accessoires, sur le rythme syncopé de “Personal Jesus” de Depeche Mode, le styliste allemand a endossé tour à tour les différents modèles de sa collection en y allant parfois de son commentaire, montrant le détail d’une broderie sur une veste ou dévoilant son costume préféré.
 
 

Le designer éponyme présente sa collection en personne – Philipp Plein

 

La garde-robe de la marque alterne des tenues confortables dans une palette pastel (survêtements, sweaters, bermuda) avec des looks plus forts, du blouson clouté aux agrafes argentées à celui en peau de crocodile, ou encore à ce modèle  en cuir avec un énorme aigle doré brodé dans le dos. Des chaînettes décorent les cols des sweat-shirts ou s’affichent en dimension XXL avec leurs maillons géants au cou du designer. Des gros plans permettent de découvrir les sneakers décorées de détails métalliques et des sacs luxueux.
 
Cette première journée a aussi été l’occasion pour quelques marques féminines de présenter leur pré-collection pour le printemps 2021. Comme Plan C, le label lancé en 2018 par Carolina Castiglioni, la fille de Consuelo et Gianni Castiglioni, les fondateurs de Marni. Cette dernière a opté pour une immersion dans la nature -pré aux herbes hautes et fleuries, lac de montagne, ciel bleu-, pour dévoiler ses silhouettes design et graphiques. Un même paysage bucolique a accueilli les robes brodées à volants et en dentelles de Vivetta.
 
Pour sa collection croisière Alberta Ferretti a préféré faire déambuler ses mannequins revêtues de robes longilignes et romantiques dans différentes villes emblématiques de la Péninsule. De Milan à Rome en passant par Venise, elles ont ainsi défilé virtuellement devant quelques-uns des plus beaux monuments du monde.

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