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Le showroom Sphere séduit les acheteurs


Lancé en janvier avec un nouveau format, Sphere a fait le plein des acheteurs lors de la Semaine de la mode parisienne. Les marques sélectionnées dans le showroom de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, dédié à la jeune création, se sont toutes réjouies du nombre de personnes passées les voir du 26 février au 3 mars au Palais de Tokyo, en particulier des acheteurs avec “un très bon trafic et positionnement”. Pas moins de 500 visiteurs ont transité, soit 30 % de plus qu’en mars 2019, avec 100 points de vente internationaux représentés.
 

Le showroom Sphere au Palais de Tokyo – FHCM

“Plusieurs éléments ont contribué à créer une dynamique, drainant beaucoup d’acheteurs top, d’e-tailers et de grandes boutiques”, nous explique Serge Carreira, responsable initiative marques émergentes de la FHCM. “Le fait qu’au moins cinq créateurs étaient aussi inscrits au calendrier officiel des présentations et des défilés a attiré au showroom davantage de buyers”, poursuit-il.
 
“Par ailleurs, les quatre ambassadeurs que nous avons nommés en janvier ont aidé à mobiliser encore plus autour de nos jeunes talents. Globalement, il y a eu une bonne dynamique”, note-t-il. Julie Gilhart, Jenke-Ahmed Tailly, Herbert Hoffmann et Wendy Yu sont les quatre personnalités de la mode cooptées en début d’année par la Fédération afin d’accompagner ces jeunes designers.

Huit marques ont participé à cette session féminine pour l’automne-hiver 2020/21, illustrant la diversité de la création en France, mais aussi dans le monde, et en particulier en Afrique. Les heureux élus étaient Alexandre Blanc, Boyarovskaya, Ester Manas, Kenneth Ize, Sadaels, Thebe Magugu, dont FashionNetwork.com a déjà parlé dans ses newsletters, ainsi que deux nouveaux labels, Germanier et Rier.

Le premier a été fondé en 2018 par le Suisse Kevin Germanier, originaire de Granges, dans le canton du Valais. Très vite, il se fait remarquer avec sa couture glamour réalisée entièrement à partir de matières récupérées, séduisant Björk, Beyoncé ou Lady Gaga, mais aussi le milieu de la mode, puisqu’il se retrouve finaliste du concours de l’Andam en 2018 et du prix LVMH l’année suivante.
 
Il faut dire qu’avant de se lancer en solo, le designer de 28 ans n’est pas resté les bras croisés. Après deux ans à la Haute Ecole d’Art et de Design (HEAD) de Genève, il intègre en 2013 le Central Saint Martins College de Londres. En 2015, il remporte le concours design de la mode durable EcoChic Design Award, ce qui lui permet de réaliser un stage de six mois à Hong Kong, où il réalise une collection capsule pour la marque de luxe Shanghai Tang.
 

Un modèle pour l’automne-hiver 2020/21 signé Germanier – ph Alexandre Haefeli

De l’Asie, il se transfère à Paris pour rejoindre Louis Vuitton, où il entre comme junior designer en maroquinerie. Entre-temps, il se diplôme à Londres et rencontre Alexandre Capelli, responsable Environnement du groupe LVMH, qui le soutient pour réaliser sa première collection. Depuis, Kevin Germanier a peaufiné son projet, mettant en place un réseau d’approvisionnement dans le monde entier.
 
Pour réaliser sa mode “festive, super colorée et éthique, qui célèbre le glamour, il faut sourcer avec intelligence”, souligne-t-il, en illustrant son propos : “Ces plumes d’autruche, je les ai récupérées dans un magasin de carnaval, qui a fait faillite à Shanghai. Depuis cinq saisons, Swarovski me donne accès à ses cristaux invendus provenant de son green stock. J’achète les tissus avec des défauts au marché Saint Pierre, je m’approvisionne aussi dans les stocks morts ou fins de rouleaux ou bien je fais de l’up-cycling”.
 
Le styliste a créé par exemple pour l’hiver prochain un corsage volanté à partir de chemises Ralph Lauren tâchées, qu’il a teint tie and dye avec du thé, des pigments et du sel de mer. Une veste d’homme est ouverte, doublée et retravaillée pour se transformer en pièce d’exception, qui sera vendue à 3000 euros, tandis que sa version plus simple le sera à 500 euros.
 
Au-delà de ces pièces et robes glamour décorées de sequins et autres plumes colorées, il propose aussi des pièces plus quotidiennes, comme cette jupe crayon en crêpe de chine noir, striée de strass, ce denim illuminé via des applications de cristaux ou encore ces tee-shirts tie and dye aux couleurs saturées parsemés de brillants.
 
“Je ne pratique pas le tee-shirt slogan. Sauver la planète doit être une réalité et non une tendance. Je veux rester sensuel et créer des images importantes avec des produits de qualité”, conclut le styliste qui, au-delà de ses clients VIP, dénombre pour l’instant cinq revendeurs dans le monde dont Joyce à Hong Kong et Moda Operandi.
 

Le manteau en feutre revu par Rier – DR

Rier a vu le jour également en 2018, et comme Kevin Germanier, son fondateur Andreas Steiner provient lui-aussi d’une région montagnarde, la petite ville de Castelrotto située dans le Trentin-Haut-Adige. Cet Italien de 34 ans a travaillé douze ans pour les grandes griffes avant de fonder à Paris la marque qui porte le nom de sa mère.
 
Juste après avoir obtenu son diplôme à l’Istituto Europeo di Design, il débute sa carrière à Milan, en 2008, chez Prada où il travaille pendant sept ans, tour à tour sur le menswear, puis pour la ligne jeune Miu Miu. En 2015, il se transfère à Paris pour rejoindre Louis Vuitton comme senior designer sur le prêt-à-porter. Il en sort au bout de deux ans pour se replonger dans son pays natal.
 
Ce retour aux sources lui fait découvrir les savoir-faire locaux. “J’ai rencontré plusieurs petits artisans, producteurs de tissus, imprimeurs. J’ai eu des échanges aussi avec des artistes et architectes. De là est née l’idée de transposer toute cette tradition dans une garde-robe d’aujourd’hui”, nous raconte-t-il. “Ma marque, c’est un assemblage de pièces historiques réinterprétées d’une manière contemporaine en faisant appel aux matériaux et techniques locales”.
 
Andreas Steiner puise dans cet héritage tyrolien pour proposer des vêtements haut de gamme unisexe allant de la taille XXS à celle XXL en utilisant des tissus et matériaux exclusivement fabriqués en Italie et en Autriche par des artisans et autres producteurs locaux, tout en mettant l’accent sur les matériaux naturels et les processus de teinture à faible impact sur l’environnement.
 
Résultat : une collection confectionnée à 95 % dans des matières naturelles, composée de vestes militaires, manteaux de laine, chemises en popeline et pantalons denim revisités porteurs chacun d’une tradition. Les pulls et cardigans à maille large sont tricotés au point lintz, le denim est brodé des typiques petites fleurs tyroliennes, tout comme le loden, proposé dans différents poids. Un jersey stretch modernise les vestes “Walker” en feutre.
 
“J’aime faire évoluer les classiques”, glisse le créateur, qui est distribué à travers une dizaine de boutiques multimarques dans le monde, dont Antonioli à Milan. Sa marque Rier, est particulièrement appréciée au Japon.
 

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