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Les jeunes filles en fleurs de Giorgio Armani Privé


Avec sa collection haute couture pour le printemps-été 2021, Giorgio Armani Privé exalte une certaine élégance milanaise. Une mode faite de coupes simples et sobres embellies par des détails précieux, où le couturier s’amuse à jouer avec délicatesse avec les transparences et juste quelques couleurs bien définies. Quintessence du luxe discret et du savoir-faire des artisans italiens, la collection a été dévoilée mardi soir sur la plateforme de la Semaine de la haute couture parisienne à travers une vidéo tournée à Milan.
 

Giorgio Armani Privé joue sur les transparences – ph Nadine Ottawa

Délaissant les podiums parisiens de la haute couture, Giorgio Armani a voulu mettre en scène pour la première fois sa collection à Milan. Il tenait particulièrement à organiser ce défilé dans l’historique Palazzo Orsini, un palais du XVIIème siècle, où il a installé son siège en 1996. Mais l’évolution de la pandémie en a décidé autrement. Faute de pouvoir réaliser son événement en public, la maison a choisi de faire défiler ses mannequins à huis clos, face à la caméra.
 
Alors que des cloches résonnent au loin, cette caméra survole l’édifice, tournant lentement autour de la cour, dans laquelle elle plonge pour nous introduire dans le palais. Une fois franchis la colonnade du patio et le grand escalier qui mène à l’étage, le spectateur se trouve projeté sous l’enfilade de fresques décorant le somptueux salon central, qui abrite habituellement les ateliers de la couture.

Le sol est noir et luisant, tandis qu’une longue paroi latérale est entièrement recouverte d’un miroir, créant comme un écrin précieux, juste éclairé par la lumière diffuse provenant de hautes portes-fenêtres. Le miroir donne de l’ampleur à l’espace, tout en dédoublant les mannequins qui le longent.
 
Sans apprêts, à l’aise dans leur costume masculin, un simple béret posé sur leur tête à la chevelure légèrement décoiffée, les modèles pénètrent dans le salon affichant une allure nonchalante à l’élégance innée. Tout se joue dans l’équilibre des proportions et dans les détails, sophistiqués mais jamais hurlés. Les vêtements sont fluides ou soulignent le corps, habillant ces dames avec naturel.
 
Le Palais Orsini prend vie sous nos yeux avec ces jeunes femmes, qui semblent incarner la noblesse milanaise d’antan dans leurs tenues riches et scintillantes. Ces femmes s’habillent certes en tailleur pantalon, mais les tissus masculins de leurs costumes aux teintes grisées sont tissés avec des fils de lurex argentés pour un effet lamé.
 

L’été prochain brillera en Giorgio Armani Privé – ph Nadine Ottawa

Les vestes, courtes et ajustées, parfois privées de col, offrant une large encolure, sont bordées de minuscules cristaux et se referment avec des boutons bijoux. Endossés avec de simples tricots noirs, ces costumes apparaissent encore plus riches. Avec leurs textures lumineuses, les tissus font penser à du brocart ou du damas.
 
Toujours dans cet esprit chic et sobre, la femme associe volontiers pantalons ou tops noirs, en satin ou velours de soie, avec des vestes ou de longues jupes lumineuses en organza décorées de pierres et paillettes. De longs colliers de perles noires noués à un ruban autour du cou tombent en cascade autour du torse comme un plastron-gilet. Dans certains modèles, le tulle vient recouvrir une jupe ou, telle une cape, se poser sur les épaules pour envelopper le corps et atténuer ainsi les effets de brillance.
 
L’accent est mis sur les épaules, qui sont souvent légèrement réhaussées dans les vestes ou prennent du volume dans certaines robes, ainsi que sur le cou avec des cols importants ornés de broderies ou de filets de crinoline décorés de cristaux. Dans la même idée, certains cols châles se prolongent en une fleur sculptée par le tissu enroulé sur lui-même.
 
Le soir, les transparences se multiplient, toujours illuminées par décorations et broderies scintillantes. Des fleurs stylisées brodées de paillettes rouges et bleues s’emparent de vestes et longues jupes en organza. Ailleurs, ce sont des paillettes mauves et des perles roses, qui viennent s’incruster sur un top en chiffon transparent. La femme Armani hésite entre la chaleur du rouge magenta ou la fraîcheur du vert d’eau. Elle finit par opter pour de maxi robes-bustier bleu nuit parsemées d’astres minuscules ou pour de riches tenues bleu de Prusse.
 
La nuit est tombée, et dans le salon la fête continue. Les jeunes filles en fleurs se scrutent furtivement dans les miroirs, s’entrecroisant avec douceur comme dans une ronde infinie. A minuit, la dernière d’entre elles s’enfuit en courant le long des couloirs du palais  sombre dans sa robe en tulle cobalt vaporeuse.

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