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Louis Vuitton : composition sur la petite musique du temps qui passe


En dernier, mais clairement non des moindres, Louis Vuitton a clôturé les quatre semaines internationales de défilés sur podiums ce mardi, avec la plus brillante mise en scène de tous, et une collection qui redéfinissait la tendance, jouant sur l’idée de manipuler le temps.   

Louis Vuitton – automne-hiver 2020 – prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

Voilà vraiment une ouverture de défilé remarquable, et un fond de scène unique : un rideau géant s’est soudain levé pour révéler près de 200 chanteuses d’opéra vêtues comme des personnages historiques, placées sur six rangs comme une fresque vivante gigantesque. Tous les costumes avaient été conçus par Milena Canonero, l’Italienne multi-oscarisée, qui a travaillé avec Stanley Kubrick sur Orange Mécanique ou Barry Lyndon. Chacun de ces personnages Vuitton se levait pour chanter et jouer son rôle, gesticulant avec de grands gestes des bras.

Les mannequins se sont détachés du groupe pour s’avancer, portant une collection qui faisait des allers-retours entre l’historicisme futé et le modernisme d’avant-garde. Des jupes à volants espagnoles avec des blousons de ski composites, jusqu’à ce que cette association se retrouve dans un ensemble saisissant avec jupe et blouson assortis en cuir mat gris étain. Toutes les idées présentées en ouverture étaient complétées par des boots rockabilly de science-fiction (couleur argent, ou en cuir verni noir clouté).

Louis Vuitton – Automne-hiver 2020 – Prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

« Le temps, c’est primordial en matière de mode. Et je voulais donc confronter différentes époques à la nôtre. Tous ces passés sont incarnés par le groupe de personnalités en costumes historiques », expliquait le directeur artistique des collections féminines de Vuitton, Nicolas Ghesquière.

La collection était ambiguë sur le plan du genre, avec des pantalons cigarette masculins à rayures fines, des gilets de dandy Edwardiens, et des vestes de rocker de Savile Row, avec des poches obliques. Des finitions techno de l’ère spatiale, mixées avec des jacquards argentés.

Et beaucoup d’accessoires commerciaux : des nouvelles baskets LV Archlight toutes blanches aux minaudières dorées pointues, en passant par de fantastiques fausses moonboots avec un logo LV embossé. Celles-ci étaient associées à un pantalon parachute très actuel, comme l’essentiel de la collection.

Pour le final, un duo de vestes de matador : des explosions de lumière renvoyaient celle des spots dans l’espace événementiel entièrement noir conçu sur mesure dans la Cour Carrée, au Louvre.

Louis Vuitton – automne hiver 2020 – prêt-à-porter féminin – Paris – © PixelFormula

Tous les tops défilaient sur une bande sonore assez remarquable : Three Hundred and Twenty, composé par Woodkid et Bryce Dessner, morceau intitulé ainsi par rapport aux nombres d’années qui séparent la musique du début du Baroque et les sons minimalistes contemporains qui s’y entremêlent.

Il y avait aussi le compositeur très peu connu Nicolas de Grigny – l’expression d’une collision temporelle, le leitmotiv de ce défilé, mais aussi le thème de la prochaine grande exposition à l’Institut du Costume du Metropolitan Museum of New York. Cette année, Vuitton est le principal sponsor de son bal annuel.

Dans l’ensemble, c’était un final plutôt brillant pour une saison parisienne marquée par des défilés puissants, même si bien sûr planait également la menace du coronavirus, suscitant de profondes inquiétudes. Et ce notamment dans une profession dont les principaux acteurs et décideurs ne cessent de voyager. Et une industrie qui se prépare à souffrir de l’effondrement des déplacements et du shopping dans les mois à venir. Mais cette saison parisienne s’est finalement achevée avec seulement deux défilés annulés sur soixante-dix  au calendrier officiel.

« Pour être tout à fait franc, nous avons subi beaucoup de pressions pour nous retirer. Mais je pense que cela aurait été une erreur. Je crois qu’il fallait que Christian Dior ouvre la semaine et que Vuitton la clôture. Je pense que nous devions cela aux gens, et à Paris, être professionnel et continuer, expliquait le PDG de Vuitton, Michael Burke, la plus grande marque de mode au sein de l’empire LVMH du luxe qui comprend Dior, et cinq autres maisons qui ont présenté des défilés à Paris. Et aucune d’entre elles n’a annulé son défilé.

 

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