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Marine Serre utilise la Fashion Week pour dévoiler une master class sur la mode régénérée


Engagée plus que jamais en faveur d’une mode écologique, Marine Serre nous plonge, en ce deuxième jour de Fashion Week parisienne, au cœur de son processus de création et de fabrication. Abandonnant son univers post-apocalyptique et le format “traditionnel” du film digital, elle permet au public d’être en prise directe avec son travail grâce un site dédié où, à travers différentes fenêtres, il est possible de découvrir sa manière de procéder ainsi que les différentes facettes de “Core”, sa collection pour l’automne-hiver 2021/22.

Les multiples facettes de la mode régénérée de Marine Serre – marineserre.com

Non pas une vidéo de quelques minutes, donc, mais une expérience digitale à explorer depuis son ordinateur selon son propre rythme. “Qui comprend l’habit régénéré ? Qui imagine le travail en amont ?”, s’interroge la styliste, qui a revu en profondeur cette année tous ses processus, “travaillant la praticité, le confort, les volumes et les prix”,  afin de réduire les coûts et rendre sa mode plus accessible.
 
À travers une cinquantaine de silhouettes portées dans leur quotidien par la tribu et les muses de Marine Serre, telle l’artiste-mannequin belge Kristina De Coninck, visibles dans sept courts-métrages et lieux différents, la collection raconte les codes et l’identité première de la marque, lancée en 2016.

Celle-ci s’articule autour de douze chapitres et matières, chacune accompagnée d’un film explicatif, emmenant le spectateur dans un long périple entre usines, entrepôts et laboratoires, sur les pas de la confection et la production textile en Europe, de l’Europe de l’Est au Portugal en passant par France et Italie.

Pour ses créations, Marine Serre puise dans un réservoir infini de vêtements usés. Montagnes de foulards, ballots géants de jeans, chariots remplis de pulls, caddys pleins de tee-shirts, sacs débordant de couvre-lits… Minutieusement triés par genres et couleurs, tous ces habits seront désarticulés et redécoupés pour composer de nouveaux modèles dans de savants patchworks ou puzzles complexes.

Ainsi, les foulards en soie, que la designer collectionne depuis toujours, “finissent en robe, flou ou drapés”. Le cuir, “qui ne s’use pas et traverse les âges”, est taillé par pans et réassemblé sous nos yeux en vestes, pantalons et robes. Même procédé pour les vieilles écharpes et plaids tartan, “sauvés de l’oubli”, qui, régénérés, fusionnent au jersey reprenant vie dans des tops à manches longues et kilts hybrides.

Le couvre-lit se retrouve en grosses fleurs sur veste et jupe – Marine Serre

Les pièces en denim sont réalisées uniquement à partir d’autres jeans, où seul le coton est admis. Reteints et soumis à différents traitements, ils reviennent à la vie comme neufs. La styliste s’approvisionne aussi sur les marchés en couvre-lits pelucheux ou molletonnés, parfois frangés, dont les motifs à grosses fleurs un peu kitsch trouvent leur raison d’être dans de longues jupes et gilets zippés.
 
Le tee-shirt de tous les jours qui, avec ses imprimés, logos, et autres dessins raconte souvent un moment spécial, exerce une vraie fascination sur Marine Serre. Classés par couleurs, ils sont passés au peigne fin par la créatrice, qui sélectionne et en découpe les motifs les plus inspirants dans le but de les réagencer à sa manière. “Nécessitant un travail de placement en cohérence, à travers l’incrustation d’imprimés réfléchis”, ces multiples images et bouts de cotons se retrouvent fusionnés dans des robes drapées.

Les tricots en laine se prêtent, eux aussi, “à toutes les expérimentations, l’entrelacement des fils, la juxtaposition des points, la géographie des motifs, permettant rapprochements inédits et associations fécondes”, dans d’originales robes tricots et nouveaux chandails.

Autre trésor insoupçonné, le linge de maison d’antan, oublié dans les greniers. Nappes aux crochet, rideaux, torchon, napperon, draps de lit, taies d’oreiller en lin ou coton blanc, avec dentelles, parfois parsemés de motifs floraux, sans oublier les nuisettes en polyester… Tout est récupéré. Une dentelle découpée ici, une broderie là, des franges ailleurs. Replacés dans un col, une manche ou à d’autres endroits précis, ces détails vont façonner d’incroyables robes à volants, jouant sur les transparences et l’opacité.

La robe foulards – Marine Serre

Les tapis également, venus du monde entier, mais aussi serviettes, nappes en brocart ou en jacquard, souvent effrangées, constituent “une vraie matière, qui ne cache ni son grain, ni son origine artisanale”, idéale pour confectionner une veste pourpoint ou rehausser un pantalon ou une robe. Là encore, le tapis est régénéré, bouilli à long feu dans un chaudron de teinture sombre.

La moitié de la collection est ainsi réalisée à partir d’habits régénérés, tandis que le reste fait appel à des tissus fabriqués à partir de fils recyclés. Pour ses costumes et pièces tayloring, Marine Serre a fait réaliser une étoffe sombre en laine ou coton avec un imprimé losange déclinant sa lune iconique en motif géométrique. Elle taille aussi blousons, pantalons et minijupes dans de la moire noire ou lilas. C’est “mon nylon à moi”, confie-t-elle. L’une de ses matières de prédilection depuis le début, très appréciée pour “ses fils torsadés au rendu psychédélique à la main si particulière et à la brillance presque cheap“.

Enfin, la veste utilitaire multipoches en sergé beige complète cette garde-robe “éco-futuriste”, où tout se joue dans le détail entre zips, poches plaquées, surpiquées, à rabat ou soufflet, rubans pour accrocher stylos, coincer une gourde, enfouir porte-monnaie, téléphone et carnet de note, sans oublier et la chaînette porte-clé et la mini-poche pour le flacon de gel hydroalcoolique.

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