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New York Fashion Week, deuxième jour: ode à la ville et jeux de volume


Traduit par

Clémentine Martin

Publié le



17 févr. 2021

Les designers présentés lors du deuxième jour de la Fashion Week de New York n’ont pas ménagé leurs efforts. Près de 30 collections ont été dévoilées lundi à travers des vidéos créatives aux idées précises qui témoignent du dur travail effectué par des artistes talentueux durant cette interminable pandémie.
 
La journée pourrait être résumée en une ode à New York. Tour à tour, les designers ont raconté leur fierté de vivre dans la ville qui ne dort jamais ou évoqué les rêves qui attirent tant de jeunes talents ambitieux. Mais ce deuxième jour constituait aussi une ode à la mode elle-même, avec une explosion des volumes et un bannissement total des coupes ajustées. Pas un jean skinny à l’horizon.
 

A. Potts

A. Potts automne/hiver 2021 – A. Potts

Et si l’on parle de volumes, difficile de faire l’impasse sur A. Potts. Aaron Potts, un enfant de Détroit issu d’une famille ouvrière du Sud, incarne une sorte de rêve américain. Ce diplômé de Parsons a effectué des passages chez Marc Jacobs, Donna Karan, Emmanuel Ungaro et Victoria’s Secret (excusez du peu).
 
Mais l’éclectisme de son CV ne transparaît pas dans sa collection. Au contraire : son mini-défilé en vidéo montre une cohérence sans faille, à travers une troupe d’élégants danseurs partageant fièrement leurs émotions dans un loft de la 14e rue. Parmi les pièces à retenir, on a pu observer des capes de prêtre majestueuses, des manteaux géants tachés en mohair à carreaux, d’immenses pantalons en toile et des vestes de judo oversize. Parmi les couleurs, on citera un jaune amer, un orange sourd et un anthracite tirant sur le marron.

D’une certaine façon, le créateur arrive à transmettre exactement ce que la mode est censée faire : donner du sens à un événement collectif marquant à travers des vêtements aux formes exagérées.
 

Chelsea Grays

Chelsea Grays automne/hiver 2021 – Chelsea Grays

“Homage 2020”, de Chelsea Grays, reste la collection la plus remarquable de la journée. Cette créatrice américaine installée à Paris imagine des pièces masculines. Présentés par un gang époustouflant de hipsters déferlant sur la ville, les vêtements mêlent des chemises et des tops éclaboussés façon expressionnisme abstrait, des kilts graphiques, des jupes-shorts asymétriques pour homme, des vestes en tweed déchirées en mille morceaux, des robes de vagabond en patchwork ou des culottes de cheval à motifs de carreaux serrés. Il faut une certaine dose de courage et de charisme pour porter ces vêtements, mais ces deux qualités sont fréquentes chez les New-Yorkais.

Chocheng

Chocheng automne/hiver 2021 – Chocheng

S’il y a bien une marque qui a l’air de savoir ce qu’elle fait, c’est Chocheng. Avec Cho Cho Cheng à sa tête, le label signe une vidéo montrant des ensembles crédibles, épurés et plutôt chics, dans des couleurs et des matières bien choisis.
 
Les manteaux osent des revers évasés, les blouses sont surmontées de volants et des plis en accordéon s’apposent sur des chemisiers ou des robes calicot. Quant aux blazers bien taillés, ils semblent tout à fait adaptés à un environnement professionnel. Mais la base de la collection, ce sont des pièces formelles impeccablement coupées, soulignant à quel point Cho Cho Cheng s’est imprégnée de son apprentissage à Savile Row après ses études à la Parsons School of Design.
 
Les chapeaux chinois et les abats-jour renversés qui font office de couvre-chefs puisent largement dans le rouge, et évoquent heureusement une collection sulfureuse de Valentino plutôt que le Nouvel an chinois.
 
Chez les mannequins coiffées de chignons et maquillées de rouge sur les joues, les origines asiatiques dominent. Quant à la fabuleuse scène, elle ne déparerait pas dans une comédie musicale de Gene Kelly. Rien de terriblement révolutionnaire, mais une collection néanmoins très bien composée et cohérente.
 

Victor Li

Victor Li automne/hiver 2021 – Victor Li

S’il n’y a qu’une chose à retenir de cette collection, ce sont ses superbes matières. Les merveilleux imprimés composites montrent des héros de l’Ouest, les dollars américains se déclinent en version surdimensionnée et des images de carte postale s’apposent sur des blazers chics. Les jeans sont délavés à l’acide, et les blazers sont ornés de montages photo graphiques.
 
Même les carreaux flous utilisés sur les manteaux boyfriend sont excellents. Toute la collection est montrée en à peine deux minutes, et fait office de preuve de bravoure de la part d’un autre diplômé de Parsons School. Des matières maximalistes mises en valeur par une vidéo résolument minimaliste.
 

Private Policy

Private Policy automne/hiver 2021 – Private Policy

En voici, une façon obtuse de faire passer un message. La collection en elle-même de Private Policy se compose de nombreuses pièces formelles oversize et de sportswear, rappelant les formes chères à Balenciaga sans en posséder ni la puissance, ni le panache.
 
Cette présentation est censée relater “l’histoire méconnue” des travailleurs ferroviaires chinois transcontinentaux du XIXe siècle et mettre en lumière la xénophobie de l’époque.
 
De fait, la collection s’intitule “We Remember You, Tales of Ghost Mountain” (‘Nous nous rappelons de vous, contes de la montagne fantôme’, NDLT). Mais il est bien difficile de retrouver cette idée dans la vidéo, principalement composée de mannequins étourdis pirouettant dans des lofts et des rues de New York.
 
Snow Xue Gao

Snow Xue Gao automne/hiver 2021 – Snow Xue Gao

De ténébreux studios vides avec des vues en plongée de vieux immeubles de bureaux sont l’étrange théâtre choisi pour cette sélection plutôt édulcorée. Les pièces formelles étrangement compliquées, quant à elles, rappellent un travail de fin d’études.

Adeam

Adeam automne/hiver 2021 – Adeam

Adeam et sa créatrice japonaise Hanako Maeda proposent une vision puriste de la mode romantique. On peut y admirer des robes de courtisanes à manches gigot et des chemises soigneusement ajourées réalisées dans des matériaux traditionnellement masculins. Cette collection s’inspire d’une exposition de six artistes contemporains japonais au Mori Art Muséum de Tokyo.
 
Présentée dans un espace aéré avec une excellente balade en fond sonore, cette collection utilise avec insouciance des volumes et des couleurs primaires. De plus, elle est présentée par des mannequins qui semblent adorer les vêtements, particulièrement flatteurs. Retenez le nom de Hanako Maeda: voici une nouvelle étoile à ajouter au firmament de la mode moderniste nippone.
 

Carter Young

Carter Young automne/hiver 2021 – Carter Young

À travers une collection de pièces habillées subtiles, le designer Carter Altman raconte ses souvenirs d’expéditions en famille pour aller déguster des bagels chez Zabars dans son enfance, au son nostalgique de Paul Banks d’Interpol. Parmi les looks les plus notables, on trouve une micro-veste en velours à macro-côtes et une veste de chasse passepoilée. Simple mais efficace, comme sa vidéo touchante en noir et blanc, récitant un poème aux rêves qui attirent les jeunes vers New York et vers la mode elle-même.

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