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Salons et Fashion Weeks : une rentrée sous haute tension


En cette rentrée, les incertitudes demeurent plus que jamais quant à l’évolution de la propagation du Covid-19 et aux politiques mises en place pour freiner la pandémie. Autant dire un saut dans le vide pour de nombreuses manifestations et événements liés à la mode, qui marquent généralement le mois de septembre. Certains ont décidé de repousser leurs dates d’un mois, d’autres maintiennent leur position, souvent avec le support du numérique, tandis que quelques-uns ont déclaré forfait. Tour d’horizon de cette saison dédiée au printemps-été 2021, qui s’annonce sous haute tension.

Après une étape à Florence, Dolce & Gabbana revient sur les podiums milanais en septembre – © PixelFormula

C’est Dolce & Gabbana, qui ouvre le bal début septembre avec son événement couture à Florence en collaboration avec Pitti Immagine. La maison a prévu deux défilés, celui masculin Alta sartoria le 2 au Palazzo Vecchio et celui féminin Alta moda le 3 à Villa Bardini. Très exclusifs, ces deux shows, qui réuniront un groupe restreint de spectateurs, ne devraient pas poser de problème en termes de mesures sanitaires pour la griffe, qui a déjà organisé un show physique en juillet dernier avec sa collection masculine, et que l’on devrait retrouver sous peu à Milan pour son prêt-à-porter féminin.
 
Il n’en va pas de même pour les salons, censés attirer un public dense. Bien que prévus sur des formats réduits, les salons professionnels parisiens, qui devaient se tenir du 4 au 7 septembre à la Porte de Versailles, ont dû, en effet, revoir leur copie. Who’s Next, Impact, Traffic et Riviera ont été reportés à octobre, du 2 au 4, se positionnant aux côtés du salon Première Classe, déjà programmé à ces dates au Jardin des Tuileries, à Paris.

De son côté, le salon de la lingerie Interfilière a renoncé à sa version physique pour se tenir en mode digital via la plateforme Interfilière Connect, lancée le 24 août et active jusqu’au 30 septembre. Une option explorée aussi par le salon Splash Paris, dédié aux collections de “resortwear”, qui a annulé son édition d’octobre pour un format en ligne du 7 septembre au 9 octobre.

Autre forfait de taille, celui de Première Vision, initialement programmé du 15 au 16 septembre au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Le salon textile a dû annuler son édition physique en raison du renforcement des mesures sanitaires prises pour lutter contre la pandémie. Le salon de Première Vision Made in France, dédié aux confectionneurs, ennoblisseurs, fournisseurs d’accessoires, façonniers et tricoteurs opérant en France, est pour sa part maintenu les 1er et 2 septembre au Carreau du Temple à Paris.

De fait, l’interdiction, jusqu’à fin octobre, de la tenue de grands événements réunissant plus de 5.000 personnes, a été fatale à  Première Vision, qui du coup va basculer au tout digital. Son édition virtuelle, prévue les 15 et 16 septembre, proposera, au-delà des collections des exposants, des conférences, présentations et possibilités d’échanges entre fabricants et acheteurs.
 

Pitti Connect a pris depuis juillet le relais digital des salons florentins

Même stratégie de l’autre côté des Alpes pour Pitti Immagine, qui avait repoussé dans un premier temps sa session estivale à début septembre. Faute de visibilité et face à peu d’adhésions, l’organisateur de salons a fini par abandonner son projet, misant tout sur Pitti Connect. Lancé le 16 juillet, ce site accueille toutes ses manifestations florentines (Pitti Uomo, Bimbo et Filati) en mode virtuel jusqu’à fin octobre avec, non seulement les collections de quelque 500 exposants, mais aussi une kyrielle de contenus et événements spéciaux.
 
Le bilan à mi-parcours s’annonce déjà positif. “Nous sommes très satisfaits. Alors que nous avons encore plus d’un mois devant nous, nous avons dénombré dans cette première période 70.000 visiteurs, qui ont vu près de 700.000 pages lors de plus de 150.000 visites”, expose à FashionNetwork.com Agostino Poletto, directeur général de Pitti Immagine.

“Le plus intéressant, c’est que le temps de permanence des acheteurs sur Pitti Connect a doublé par rapport à notre précédente version de salon virtuel e-Pitti, la durée moyenne des visites passant de une à deux minutes et demi, tandis que le nombre de pages vues a bondi de 30%”, poursuit-il, soulignant comment le fait d’avoir miser sur la durée et de multiples contenus distingue Pitti Connect des autres plateformes.

Dans d’autres pays, les questions sanitaires continuent de poser également des problèmes aux organisateurs d’événements. Ainsi vient d’être annoncée l’annulation du salon de la supply chain du denim Kingpins China City Tour, qui devait se tenir dans différentes villes chinoises du 2 au 4 septembre. Là encore pour cause de pandémie et de restrictions de voyages.

“Alors que certains endroits dans le monde ont commencé à ouvrir et que bon nombre de nos usines et partenaires en Chine reviennent lentement à un sentiment de normalité, pour beaucoup de nos exposants internationaux, voyager n’est pas une option pour le moment”, explique dans un communiqué Vivian Wang, le directeur général du salon.
 

Le rendez-vous horloger des Geneva Watch Days s’est tenu en petit comité fin août – gva-watch-days.com

En Allemagne, le salon du cuir ILM (International Leather Goods Fair), prévu du 5 au 7 septembre à Offenbach sur-le-Main, près de Francfort, a aussi déclaré forfait en raison de la recrudescence des cas de Covid-19 dans la région. En revanche, le salon de la chaussure Gallery Shoes a confirmé ses dates, du 30 août au 1er septembre, à Düsseldorf.
 
En Suisse se tiennent actuellement jusqu’au 29 août les Geneva Watch Days, tout nouveau et premier salon horloger depuis l’annulation de Baselworld et de Watches & Wonders (ex SIHH) au printemps. De par sa taille très ramassée avec 17 marques, ce rendez-vous au centre de Genève, fortement voulu par le CEO de Bulgari Jean-Christophe Babin, affiche une organisation plus souple et une ambiance plus décontractée, loin des grands rassemblements habituels.

Du côté italien également, la plupart des salons milanais de septembre vont avoir lieu. Les instances du made in Italy souhaitent donner un signal fort en cette rentrée et ont redoublé d’efforts pour maintenir un intense calendrier, sous la bannière commune #StrongerTogether. A l’instar de Milano Unica, qui ouvre la saison au parc des expositions Rho-Pero, aux portes de la capitale lombarde, les 8 et 9 septembre avec près de 200 participants contre plus du double d’habitude.

Le salon phare du textile et des accessoires vestimentaires haut de gamme profitera peut-être de la défection de Première Vision, qui sait? Comme son homologue français, il s’est doté d’un important support digital, e-MilanoUnica Connect, réalisé en collaboration avec l’expertise de Pitti Immagine. Mais son salon virtuel ne sera activé qu’à la fin de Milano Unica, à partir du 10 septembre, pour durer jusqu’à la prochaine session de février.
 
Du 19 au 22 septembre, les pavillons de la foire milanaise laisseront place à Homi Fashion & Jewels (mode et bijoux). Dans la foulée, du 20 au 23, ils accueilleront Micam, le salon référence de la chaussure, qui se doublera, du 15 septembre au 15 novembre, d’une version virtuelle avec Micam Milano Digital Show, une plateforme développée et gérée par NuOrder.

Pour la première fois, TheOneMilano, salon dédié au prêt-à-porter en tissu, cuir et fourrure sera intégré au Micam dans une version “Special Featured by Micam” proposant des total looks aux chausseurs, qui exposent. Toujours à Fieramilano, ouvrira ses portes les 22 et 23 Mipel, dédié à la maroquinerie, tandis qu’au sud de Milan, le salon mode de recherche White Milano se déroulera du 24 au 27 septembre en concomitance avec la Semaine de la mode milanaise.

Alors que Première Vision a été annulé, le salon textile italien Milano Unica aura lieu en septembre

Pour favoriser la reprise en cette rentrée chaotique, les organisateurs de White Milano ont lancé le projet “Milano loves Italy” visant à réunir et faire jouer les synergies entre les principaux acteurs de la mode transalpine des showrooms aux salons et la Fashion Week en passant par les institutions locales.

Après des mois d’événements mode virtuels, les professionnels du secteur aspirent à se retrouver et à voir les produits en réel. Cet élan est assez palpable à Milan, où le président de la Camera nazionale della moda italiana (CNMI), Carlo Capasa, a confirmé la tenue de la Semaine milanaise du 22 au 28 septembre dans un format phygital avec 28 défilés physiques.

Les grands noms, à l’instar de Fendi, Dolce & Gabbana, Prada, Versace, Giorgio Armani, Salvatore Ferragamo, Max Mara et Etro ont répondu présent (à l’exception de Gucci qui passe son tour) aux côtés, entre autres, de Tod’s Boss, Marni, N°21, Calcaterra et Sunnei. Le programme sera complété par un important contenu digital avec quelque 24 vidéos, dont celles de Missoni, Philipp Plein, Dsquared2, Marco De Vincenzo et GCDS.
 
Mais cet optimisme n’est pas de mise dans toutes les capitales de la mode. Face à des transports inter-frontaliers encore réduits et les mesures de quarantaine prises récemment par certains pays comme le Royaume-Uni et l’Allemagne, les déplacements des acheteurs et de la presse s’annoncent forcément limités. Sans parler des exigences de distanciation sociale, qui vont contraindre les maisons à réduire radicalement leur quota d’invités.

Du 13 au 16 septembre, la Fashion Week de New York, clôturée par Tom Ford, se tiendra ainsi essentiellement en ligne, sa nouvelle plateforme Runway360 accueillant une soixantaine de noms. Quelques rares shows se dérouleront en physique, comme celui de Jason Wu en ouverture, mais ils devront appliquer les strictes mesures sanitaires en vigueur dans l’Etat de New York, encore en proie à la pandémie.

Koché prépare un défilé dans le parc parisien des Buttes-Chaumont – © PixelFormula

La Fashion Week de Londres s’annonce elle aussi en format réduit et phygital, du 17 au 22 septembre avec quelque 25 défilés ou présentations physiques, pour la plupart retransmis sur le Web, dont Burberry, Simone Rocha, Bethany Williams, Erdem, Pronounce et Victoria Bekham, et une quarantaine de présentations digitales diffusées sur la plateforme de la London Fashion Week, où l’on retrouvera, entre autres, Art School, Bianca Saunders, Marques ‘Almeida et Richard Quinn.
 
A l’exception de Koché, qui a annoncé un show aux Buttes-Chaumont, on ne sait pas grand-chose, en revanche, sur la Semaine féminine parisienne programmée du 28 septembre au 6 octobre. Si ce n’est, comme  l’a annoncé en juin la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, qu’elle se conformera aux recommandations officielles face à l’épidémie du coronavirus et que son organisation sera complétée par le dispositif déployé pour la Paris Fashion Week online. Du côté des grandes maisons, en tous cas, le désir est fort de revenir sur les podiums…

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